Polyclinique du Parc · Cholet (49) · Présentation de la spécialité

Qu’est-ce que la Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique ?

« Un bon chirurgien esthétique est avant tout un bon chirurgien reconstructeur — car qui sait démonter et remonter un visage saura lui rendre une forme de beauté. » — Pr. Darsonval

La Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique (CPRE) est une spécialité chirurgicale qui s’adresse à tous les patients présentant une anomalie physique cutanée, acquise ou congénitale. La peau est l’organe le plus lourd et le plus étendu du corps humain. C’est une spécialité très vaste — de la tête au pied, de la naissance à la sénescence.

1. Quelles études pour être chirurgien plasticien ?

Les études commencent comme pour tous les médecins : la première année de sélection, où plus de 85 % des candidats sont recalés. Cette première année est moralement et physiquement très dure — les taux de burn-out, de pensées suicidaires et de recours à des béquilles chimiques pour tenir y sont importants au point de se demander si les futurs médecins en sortent sains d’esprit et de corps.

Une fois cette étape franchie, les études se poursuivent jusqu’au deuxième examen sélectif de fin d’externat (6ème année), qui permet de choisir sa spécialité. Le nombre de places est limité par décret — et compte tenu de la pénurie généralisée, il est probable que ce nombre est avant tout déterminé par les capacités de formation. Depuis plusieurs années, le trio de tête des spécialités les plus demandées est invariablement : Plastie, Dermato, Ophtalmologie.

Années 1–6

Études communes de médecine

PASS (ex-PCEM1) puis externat jusqu’à la 6ème année. Examen classant national (ECN) pour le choix de la spécialité.

5 ans d’internat

Internat de spécialité

Apprentissage par compagnonnage — savoir, savoir-faire, savoir-être. L’interne a la charge du service. Littéralement : il est interné, il vit au sein de l’établissement. À l’issue, il peut prolonger par une Médaille d’Or (1 an, distinction clinique) ou un Clinicat (2 ans, formation et enseignement).

15 ans au total

Le parcours du Dr Potier

7 ans entre le bac et l’internat · 5 ans d’internat · 1 an de Médaille d’Or de Chirurgie · 2 ans de Clinicat → Doctorat en médecine, DESC de Chirurgie Générale, DESC de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique, DU de Reconstruction des cancers cutanés de la face, DU de Microchirurgie, Maîtrise de Biotechnologie Médicale.

⚠️ Le déroulement des études de médecine est régulièrement modifié selon les réformes politiques. Les termes séculaires de concours, externat, internat, clinicat tendent à disparaître dans un grand tout uniciste — pour ne pas dire collectiviste.

2. CPRE, ORL, CMF, Dermato : quelles différences ?

Commençons par séparer la dermatologie des trois autres. Bien que le dermatologue soit l’allié inconditionnel du chirurgien plasticien dans l’élaboration du diagnostic, la dermatologie n’est pas une spécialité chirurgicale — elle ne s’exerce pas au bloc opératoire.

⚠️ Trop souvent, des patients me consultent en étant persuadés que le chirurgien plasticien est « un dermato en mieux parce qu’il opère ». Non. Le plasticien n’a ni la formation ni les compétences diagnostiques sur les très nombreuses pathologies dermatologiques. Je recommande toujours d’obtenir un diagnostic dermatologique avant de poser une indication opératoire. Nos spécialités sont complémentaires, pas interchangeables. De la même façon qu’un médecin nutritionniste n’est pas une diététicienne qui serait remboursée…
SpécialitéOrigine communeDomaine principalExercice au bloc
CPRE (Chirurgie Plastique)Chirurgie des Gueules Cassées, WWIPeau, tissu mou, reconstruction de surface — de la tête au piedOui
ORL (Oto-Rhino-Laryngologie)Chirurgie des Gueules Cassées, WWIOrifices : nez, bouche, gorge, oreillesOui
CMF (Chirurgie Maxillo-Faciale)Chirurgie des Gueules Cassées, WWISquelette facial : mâchoires, crâne, traumatologie facialeOui
DermatologieSpécialité médicale indépendanteDiagnostic et traitement médical des pathologies cutanéesLimité (petits gestes)
🏥 L’origine commune : la CPRE, l’ORL et la CMF partagent une origine historique — la chirurgie de guerre, et plus précisément la chirurgie des Gueules Cassées de la Première Guerre Mondiale (1914–1918). Les traumatismes balistiques faciaux à répétition ont imposé le développement de techniques de reconstruction du visage sans précédent dans l’histoire de la médecine. C’est de cette école de guerre qu’est née la chirurgie plastique moderne.

3. Les spécificités de la CPRE

La chirurgie plastique a pour vocation de reconstruire une difformité ou de modifier une anatomie anormale. Mais elle s’adresse aussi à des patients ne souffrant d’aucune anomalie physique, qui souhaitent modifier telle ou telle partie de leur anatomie dans un but essentiellement esthétique.

Les critères de beauté sont évolutifs, variables, subjectifs — alors qu’une cicatrice est permanente et qu’une intervention sans risque n’existe pas. Là est toute la difficulté : opérer des gens en bonne santé, au risque de leur créer une complication définitive et une cicatrice permanente.

📜 Obligation d’information renforcée : le chirurgien plasticien est le seul médecin soumis à une obligation légale d’information renforcée (art. L.1111-2 et L.6322-2 du CSP). Cette obligation inclut l’expression et la discussion de l’ensemble des risques fréquents et graves, ainsi que la capacité — et l’obligation déontologique — de refuser de procéder si l’indication n’est pas appropriée. En chirurgie esthétique, un délai légal de réflexion de 15 jours incompressibles est imposé entre la remise du devis et toute intervention.
📊 En moyenne, un chirurgien plasticien récuse entre 30 et 50 % des patients qui le consultent. C’est beaucoup — et c’est nécessaire. L’argument de « payer pour obtenir » est totalement contraire à la déontologie médicale.

4. Parcours et exercice du Dr Potier — entretien

Sous forme d’interview fictive, voici les réponses aux questions les plus fréquemment posées.

Quel est votre parcours ?

Après avoir réussi mes études médicales à Nantes, dont je suis natif, j’ai exercé dix années au CHU d’Angers — successivement comme Lauréat de la Médaille d’Or de Chirurgie, Chef de Clinique des Universités en charge de cours à la Faculté, et Assistant des Hôpitaux Publics, où j’ai pratiqué exclusivement la chirurgie plastique, réparatrice et esthétique.

Mes maîtres ont été le Pr. Pannier, qui m’a fait découvrir la spécialité, et le Pr. Darsonval, qui me l’a enseignée. Je tiens à remercier particulièrement ce dernier, dont la réputation dépasse largement les limites de notre région et qui est unanimement reconnu pour ses qualités humaines autant qu’opératoires. À ses côtés pendant plus de six ans, j’ai chaque jour constaté que l’art d’être un bon médecin doit allier le savoir, le savoir-faire et surtout le savoir-être.

Pourquoi vous être installé à Cholet ?

D’abord, je vous répondrai : « pourquoi pas ! »

Plus concrètement, étant ligérien d’origine mais issu d’une ancienne famille vendéenne, Cholet constitue un trait d’union entre mes racines et mes études. Mon grand-père a été toute sa vie imprimeur et rédacteur du journal local de La Roche-sur-Yon, le Nouveau Messager. J’ai toujours été proche des valeurs de la Vendée : travail, simplicité, et se relever — toujours.

C’est aussi affaire de circonstance. 13 confrères sont installés à Nantes, 6 à Angers — et il n’y avait personne à Cholet pour un bassin de population bien supérieur à ce que pouvaient espérer mes confrères nantais ou angevins. La région économique de Cholet est très dynamique, avec un taux de chômage inférieur à la moyenne nationale et de grands groupes industriels (Catimini, Bébé Confort, Bénéteau, Michelin, Thalès…).

La structure juridique de la Polyclinique du Parc est aussi un sérieux atout : la clinique est gérée et détenue par les médecins qui y exercent. Les éventuels bénéfices sont réinjectés dans le développement de l’établissement — à aucun moment nous n’enrichissons un groupe financier ou un fonds d’investissement.

Comment définissez-vous votre exercice médical ?

C’est avant tout un exercice libéral. J’ai découvert le métier de chef d’entreprise — pour lequel je n’ai jamais été formé alors que mes études ont duré quinze ans. En plus d’être un bon praticien, il faut être un excellent gestionnaire. Contrairement au service public, je ne peux pas être en déficit.

Une hiérarchie réduite et des liens directs augmentent sérieusement l’efficience de la prise en charge. Toutes les études sur le sujet vont dans le même sens : à pathologie équivalente, le coût pour la Sécurité Sociale est 50 % inférieur en clinique privée qu’à l’hôpital public. Certes, certaines pathologies très spécifiques (traumatisés médullaires, grands brûlés) nécessitent un plateau technique que le secteur libéral ne peut pas offrir.

L’exercice au sein de la Polyclinique du Parc permet une complémentarité entre praticiens de spécialités différentes, avec des gains de temps considérables pour le patient.

Quelles sont vos particularités professionnelles ?

D’abord, je suis chirurgien ET médecin esthétique. Cette double expertise me permet d’évaluer quand passer de l’un à l’autre — et d’assurer que je ne pousserai jamais une indication au-delà de ce qu’elle peut traiter, contrairement aux praticiens exclusifs dans l’un ou l’autre versant.

Ensuite, je suis titulaire du DESC de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique — le seul diplôme national qui enseigne légalement la chirurgie esthétique. Mon exercice est exclusif dans cette spécialité.

Finalement, ma première préoccupation est la satisfaction du patient lorsque cela est techniquement possible. Je n’hésite pas à récuser les mauvaises indications ou les demandes inaccessibles. Ma position est celle du conseil bienveillant.

Comment se déroule la consultation ?

D’abord, poser le bon diagnostic. Trop souvent, les patients arrivent avec leurs idées toutes faites — après avoir beaucoup lu sur les forums ou avoir parfois pris plusieurs avis. Déconstruire les croyances erronées est un long processus : une consultation de chirurgie esthétique dure facilement 30 minutes.

Ensuite, lorsque le diagnostic est établi, j’explique le principe du traitement et l’indication opératoire correspondante — ou je dis « non » lorsque la demande est irréaliste ou le traitement inexistant.

Finalement, j’explique les bénéfices escomptés et les risques. Si les risques pris sont inférieurs aux bénéfices attendus, l’intervention est licite. Dans le cas contraire, il faut surseoir. Ma position est toujours celle du conseil bienveillant — d’abord, ne pas nuire.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un chirurgien esthétique et un chirurgien plasticien ?
En France, le titre de « chirurgien esthétique » est parfois utilisé abusivement. Sur environ 5 000 médecins se réclamant de la chirurgie esthétique, seuls 1 000 environ sont titulaires du DESC de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique — le seul diplôme national qui enseigne légalement cette discipline. Le Dr Potier en fait partie. Ses qualifications sont vérifiables sur ordre.medecin.fr, sofcpre.fr et ameli.fr (N° RPPS 10100160539).
Pourquoi faut-il voir un dermatologue avant un chirurgien plasticien ?
Parce que le diagnostic dermatologique relève de la compétence du dermatologue, pas du chirurgien plasticien. Ce dernier a la formation pour opérer, pas nécessairement pour établir un diagnostic précis de pathologie cutanée. Les deux spécialités sont complémentaires : le dermatologue pose le diagnostic, le chirurgien plasticien opère si l’indication est retenue.
Qu’est-ce que la chirurgie des Gueules Cassées et quel lien avec la chirurgie plastique ?
La Première Guerre Mondiale (1914–1918) a produit un nombre sans précédent de mutilés faciaux — blessures par obus, balles, éclats. Pour y répondre, des chirurgiens pionniers comme Harold Gillies (Royaume-Uni), Hippolyte Morestin (France) et Varaztad Kazanjian (États-Unis) ont développé des techniques de reconstruction du visage qui constituent le socle de la chirurgie plastique moderne. En France, des centres dédiés ont été créés pour les « Gueules Cassées » — expression née dans les tranchées, reprise par l’association fondée en 1921 pour défendre leurs droits.
Combien coûtent les actes de chirurgie plastique et sont-ils remboursés ?
Cela dépend de la nature de l’acte. La chirurgie reconstructrice (post-cancéreuse, malformations, traumatismes) est généralement prise en charge par l’Assurance Maladie. La chirurgie esthétique pure n’est pas remboursée. Le Dr Potier est conventionné secteur II — une partie des honoraires peut rester à votre charge selon votre complémentaire santé.

Références

  • Code de la santé publique — art. L.1111-2 et L.6322-2 (obligation d’information renforcée en chirurgie esthétique, délai de 15 jours)
  • Société Française de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique (SOFCPRE) — sofcpre.fr
  • Conseil National de l’Ordre des Médecins — vérification des qualifications — ordre.medecin.fr
  • Gillies HD, Millard DR. The Principles and Art of Plastic Surgery. Little, Brown & Co., 1957. (référence historique fondatrice)
  • Clarkson P. The History of Plastic Surgery in Wartime. Ann R Coll Surg Engl. 1946. (chirurgie des Gueules Cassées WWI)

Conclusion

La Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique est une spécialité passionnante, dont la vocation initiale était la reconstruction des mutilés de guerre. La reconstruction s’est ensuite étendue aux anomalies anatomiques acquises puis congénitales, avant de s’intéresser à la chirurgie esthétique. Ces trois pans sont indissociables.

Pour reprendre les mots de mon maître, le Pr. Darsonval : un bon chirurgien esthétique est avant tout un bon chirurgien reconstructeur — car qui sait démonter et remonter un visage saura lui rendre une forme de beauté.

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