Qu’est-ce que la Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique ?
« Un bon chirurgien esthétique est avant tout un bon chirurgien reconstructeur — car qui sait démonter et remonter un visage saura lui rendre une forme de beauté. » — Pr. Darsonval
La Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique (CPRE) est une spécialité chirurgicale qui s’adresse à tous les patients présentant une anomalie physique cutanée, acquise ou congénitale. La peau est l’organe le plus lourd et le plus étendu du corps humain. C’est une spécialité très vaste — de la tête au pied, de la naissance à la sénescence.
1. Quelles études pour être chirurgien plasticien ?
Les études commencent comme pour tous les médecins : la première année de sélection, où plus de 85 % des candidats sont recalés. Cette première année est moralement et physiquement très dure — les taux de burn-out, de pensées suicidaires et de recours à des béquilles chimiques pour tenir y sont importants au point de se demander si les futurs médecins en sortent sains d’esprit et de corps.
Une fois cette étape franchie, les études se poursuivent jusqu’au deuxième examen sélectif de fin d’externat (6ème année), qui permet de choisir sa spécialité. Le nombre de places est limité par décret — et compte tenu de la pénurie généralisée, il est probable que ce nombre est avant tout déterminé par les capacités de formation. Depuis plusieurs années, le trio de tête des spécialités les plus demandées est invariablement : Plastie, Dermato, Ophtalmologie.
Études communes de médecine
PASS (ex-PCEM1) puis externat jusqu’à la 6ème année. Examen classant national (ECN) pour le choix de la spécialité.
Internat de spécialité
Apprentissage par compagnonnage — savoir, savoir-faire, savoir-être. L’interne a la charge du service. Littéralement : il est interné, il vit au sein de l’établissement. À l’issue, il peut prolonger par une Médaille d’Or (1 an, distinction clinique) ou un Clinicat (2 ans, formation et enseignement).
Le parcours du Dr Potier
7 ans entre le bac et l’internat · 5 ans d’internat · 1 an de Médaille d’Or de Chirurgie · 2 ans de Clinicat → Doctorat en médecine, DESC de Chirurgie Générale, DESC de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique, DU de Reconstruction des cancers cutanés de la face, DU de Microchirurgie, Maîtrise de Biotechnologie Médicale.
2. CPRE, ORL, CMF, Dermato : quelles différences ?
Commençons par séparer la dermatologie des trois autres. Bien que le dermatologue soit l’allié inconditionnel du chirurgien plasticien dans l’élaboration du diagnostic, la dermatologie n’est pas une spécialité chirurgicale — elle ne s’exerce pas au bloc opératoire.
| Spécialité | Origine commune | Domaine principal | Exercice au bloc |
|---|---|---|---|
| CPRE (Chirurgie Plastique) | Chirurgie des Gueules Cassées, WWI | Peau, tissu mou, reconstruction de surface — de la tête au pied | Oui |
| ORL (Oto-Rhino-Laryngologie) | Chirurgie des Gueules Cassées, WWI | Orifices : nez, bouche, gorge, oreilles | Oui |
| CMF (Chirurgie Maxillo-Faciale) | Chirurgie des Gueules Cassées, WWI | Squelette facial : mâchoires, crâne, traumatologie faciale | Oui |
| Dermatologie | Spécialité médicale indépendante | Diagnostic et traitement médical des pathologies cutanées | Limité (petits gestes) |
3. Les spécificités de la CPRE
La chirurgie plastique a pour vocation de reconstruire une difformité ou de modifier une anatomie anormale. Mais elle s’adresse aussi à des patients ne souffrant d’aucune anomalie physique, qui souhaitent modifier telle ou telle partie de leur anatomie dans un but essentiellement esthétique.
Les critères de beauté sont évolutifs, variables, subjectifs — alors qu’une cicatrice est permanente et qu’une intervention sans risque n’existe pas. Là est toute la difficulté : opérer des gens en bonne santé, au risque de leur créer une complication définitive et une cicatrice permanente.
4. Parcours et exercice du Dr Potier — entretien
Sous forme d’interview fictive, voici les réponses aux questions les plus fréquemment posées.
Après avoir réussi mes études médicales à Nantes, dont je suis natif, j’ai exercé dix années au CHU d’Angers — successivement comme Lauréat de la Médaille d’Or de Chirurgie, Chef de Clinique des Universités en charge de cours à la Faculté, et Assistant des Hôpitaux Publics, où j’ai pratiqué exclusivement la chirurgie plastique, réparatrice et esthétique.
Mes maîtres ont été le Pr. Pannier, qui m’a fait découvrir la spécialité, et le Pr. Darsonval, qui me l’a enseignée. Je tiens à remercier particulièrement ce dernier, dont la réputation dépasse largement les limites de notre région et qui est unanimement reconnu pour ses qualités humaines autant qu’opératoires. À ses côtés pendant plus de six ans, j’ai chaque jour constaté que l’art d’être un bon médecin doit allier le savoir, le savoir-faire et surtout le savoir-être.
D’abord, je vous répondrai : « pourquoi pas ! »
Plus concrètement, étant ligérien d’origine mais issu d’une ancienne famille vendéenne, Cholet constitue un trait d’union entre mes racines et mes études. Mon grand-père a été toute sa vie imprimeur et rédacteur du journal local de La Roche-sur-Yon, le Nouveau Messager. J’ai toujours été proche des valeurs de la Vendée : travail, simplicité, et se relever — toujours.
C’est aussi affaire de circonstance. 13 confrères sont installés à Nantes, 6 à Angers — et il n’y avait personne à Cholet pour un bassin de population bien supérieur à ce que pouvaient espérer mes confrères nantais ou angevins. La région économique de Cholet est très dynamique, avec un taux de chômage inférieur à la moyenne nationale et de grands groupes industriels (Catimini, Bébé Confort, Bénéteau, Michelin, Thalès…).
La structure juridique de la Polyclinique du Parc est aussi un sérieux atout : la clinique est gérée et détenue par les médecins qui y exercent. Les éventuels bénéfices sont réinjectés dans le développement de l’établissement — à aucun moment nous n’enrichissons un groupe financier ou un fonds d’investissement.
C’est avant tout un exercice libéral. J’ai découvert le métier de chef d’entreprise — pour lequel je n’ai jamais été formé alors que mes études ont duré quinze ans. En plus d’être un bon praticien, il faut être un excellent gestionnaire. Contrairement au service public, je ne peux pas être en déficit.
Une hiérarchie réduite et des liens directs augmentent sérieusement l’efficience de la prise en charge. Toutes les études sur le sujet vont dans le même sens : à pathologie équivalente, le coût pour la Sécurité Sociale est 50 % inférieur en clinique privée qu’à l’hôpital public. Certes, certaines pathologies très spécifiques (traumatisés médullaires, grands brûlés) nécessitent un plateau technique que le secteur libéral ne peut pas offrir.
L’exercice au sein de la Polyclinique du Parc permet une complémentarité entre praticiens de spécialités différentes, avec des gains de temps considérables pour le patient.
D’abord, je suis chirurgien ET médecin esthétique. Cette double expertise me permet d’évaluer quand passer de l’un à l’autre — et d’assurer que je ne pousserai jamais une indication au-delà de ce qu’elle peut traiter, contrairement aux praticiens exclusifs dans l’un ou l’autre versant.
Ensuite, je suis titulaire du DESC de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique — le seul diplôme national qui enseigne légalement la chirurgie esthétique. Mon exercice est exclusif dans cette spécialité.
Finalement, ma première préoccupation est la satisfaction du patient lorsque cela est techniquement possible. Je n’hésite pas à récuser les mauvaises indications ou les demandes inaccessibles. Ma position est celle du conseil bienveillant.
D’abord, poser le bon diagnostic. Trop souvent, les patients arrivent avec leurs idées toutes faites — après avoir beaucoup lu sur les forums ou avoir parfois pris plusieurs avis. Déconstruire les croyances erronées est un long processus : une consultation de chirurgie esthétique dure facilement 30 minutes.
Ensuite, lorsque le diagnostic est établi, j’explique le principe du traitement et l’indication opératoire correspondante — ou je dis « non » lorsque la demande est irréaliste ou le traitement inexistant.
Finalement, j’explique les bénéfices escomptés et les risques. Si les risques pris sont inférieurs aux bénéfices attendus, l’intervention est licite. Dans le cas contraire, il faut surseoir. Ma position est toujours celle du conseil bienveillant — d’abord, ne pas nuire.
Questions fréquentes
Références
- Code de la santé publique — art. L.1111-2 et L.6322-2 (obligation d’information renforcée en chirurgie esthétique, délai de 15 jours)
- Société Française de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique (SOFCPRE) — sofcpre.fr
- Conseil National de l’Ordre des Médecins — vérification des qualifications — ordre.medecin.fr
- Gillies HD, Millard DR. The Principles and Art of Plastic Surgery. Little, Brown & Co., 1957. (référence historique fondatrice)
- Clarkson P. The History of Plastic Surgery in Wartime. Ann R Coll Surg Engl. 1946. (chirurgie des Gueules Cassées WWI)
Conclusion
La Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique est une spécialité passionnante, dont la vocation initiale était la reconstruction des mutilés de guerre. La reconstruction s’est ensuite étendue aux anomalies anatomiques acquises puis congénitales, avant de s’intéresser à la chirurgie esthétique. Ces trois pans sont indissociables.
Pour reprendre les mots de mon maître, le Pr. Darsonval : un bon chirurgien esthétique est avant tout un bon chirurgien reconstructeur — car qui sait démonter et remonter un visage saura lui rendre une forme de beauté.
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