Reconstruction mammaire après cancer du sein Dr Potier – Chirurgien plasticien à Cholet (49)
Le cancer du sein touche environ 61 000 femmes par an en France (INCa, 2023). Lorsqu’une mastectomie — ablation partielle ou totale du sein — est nécessaire, la question de la reconstruction se pose presque toujours. C’est une étape profondément personnelle, qui s’inscrit dans le parcours de soin global de la patiente.
À la Polyclinique du Parc de Cholet, le Dr Potier accompagne les patientes du Maine-et-Loire, de la Vendée et des Deux-Sèvres dans cette démarche reconstructrice, en lien étroit avec les oncologues, radiothérapeutes et chirurgiens sénologues de la région.
La reconstruction mammaire est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie depuis la loi du 23 janvier 1992. Elle peut être réalisée à tout moment après la mastectomie, sans limite d’âge ni de délai.
1. Faut-il se faire reconstruire ? Une décision qui vous appartient
La reconstruction mammaire n’est pas une obligation. Certaines femmes choisissent de rester « à plat » après une mastectomie, et ce choix est tout aussi valide et respecté. D’autres souhaitent retrouver un sein reconstruit pour des raisons d’image corporelle, de confort vestimentaire ou de bien-être psychologique.
Il est également important d’être honnête sur un point : la reconstruction ne convient pas à toutes les situations ni à toutes les patientes. L’état général, les antécédents de tabagisme, l’existence d’un diabète, les traitements en cours (chimiothérapie, radiothérapie) et les attentes personnelles sont autant de facteurs qui influencent le choix de la technique — et parfois la décision de ne pas reconstruire, ou d’attendre.
La consultation préopératoire avec le Dr Potier a précisément pour but d’évaluer ces éléments ensemble, sans pression, pour définir le projet qui correspond le mieux à votre situation.
ℹ️ Référence : HAS – « Reconstruction mammaire ou buste plat : vos souhaits et options », mars 2023. Disponible sur has-sante.fr
2. Reconstruction immédiate ou différée ?
La reconstruction immédiate
Elle est réalisée dans le même temps opératoire que la mastectomie. La patiente ne se réveille donc pas avec un sein manquant, ce qui limite l’impact psychologique de l’ablation. Cette option est possible lorsque les traitements adjuvants prévus (chimiothérapie, radiothérapie) ne contre-indiquent pas la reconstruction d’emblée.
La radiothérapie postopératoire est souvent une contre-indication à la pose d’une prothèse immédiate, car les rayons fragilisent la peau et augmentent le risque de complications. Dans ce cas, un expandeur tissulaire temporaire peut être posé en attendant la fin des traitements.
La reconstruction différée
Elle est réalisée à distance des traitements oncologiques (chimiothérapie, radiothérapie), une fois que la patiente est en rémission et que les tissus ont récupéré. Il n’existe aucune limite de temps : une patiente opérée 10 ou 20 ans auparavant peut tout à fait consulter pour une reconstruction.
Dans les deux cas, la reconstruction s’effectue habituellement en plusieurs étapes chirurgicales espacées de quelques mois : le temps principal (apport de volume), puis la symétrisation du côté opposé si nécessaire, et enfin la reconstruction de l’aréole et du mamelon.
ℹ️ Référence : Conseil National des Chirurgiens Plasticiens (CNCP) / SOFCPRE – Recommandations pour la reconstruction mammaire post-mastectomie, 2020.
3. Les techniques de reconstruction : laquelle pour vous ?
Le choix de la technique dépend de plusieurs facteurs : votre morphologie, la qualité de votre peau thoracique (notamment si vous avez eu de la radiothérapie), le volume du sein à reconstruire, vos antécédents médicaux et vos préférences personnelles.
La reconstruction par prothèse mammaire
C’est la technique la plus simple et la moins invasive. Un implant en gel de silicone cohésif est glissé sous la peau et le muscle pectoral, en passant par la cicatrice de mastectomie. L’opération dure 1 à 2 heures et peut être réalisée en ambulatoire.
Indication principale : peau de bonne qualité, absence de radiothérapie, sein controlatéral de volume modéré.
Contre-indication : radiothérapie passée ou prévue sur la paroi thoracique, qui fragilise la peau et augmente le risque de coque et d’exposition de prothèse.
La reconstruction par lambeau de grand dorsal
Le muscle grand dorsal (muscle large du dos) est prélevé avec une palette de peau, puis déplacé vers la poitrine par un tunnel sous-cutané pour reconstruire le sein. Dans les techniques modernes dites « d’épargne musculaire » (muscle sparing), seule la partie latérale du muscle est prélevée pour préserver la force de l’épaule.
Cette technique apporte de la peau et des tissus bien vascularisés, ce qui en fait la solution de choix lorsque la peau thoracique a été irradiée ou est de mauvaise qualité. Elle est souvent complétée par une prothèse ou un lipofilling pour atteindre le volume souhaité.
Cicatrices : une cicatrice dans le dos (à hauteur du soutien-gorge) et la cicatrice de mastectomie, utilisée pour l’accès thoracique.
Le lambeau DIEP (perforateur de l’artère épigastrique inférieure profonde)
Le DIEP est une technique de microchirurgie qui consiste à prélever de la peau et de la graisse du bas-ventre — sans déplacer le muscle abdominal — et à les transférer sur la poitrine en reconnectant les vaisseaux sanguins au microscope opératoire.
Le résultat est considéré comme le plus naturel : le sein reconstruit est souple, chaud, et vieillit comme le sein naturel. L’opération est cependant longue (4 à 7 heures) et nécessite une hospitalisation de 5 à 7 jours.
Indication : perte de substance volumineuse, refus de prothèse, peau thoracique irradiée, patiente présentant un excédent abdominal suffisant.
ℹ️ Pour les patientes ne disposant pas d’assez de tissu abdominal, d’autres lambeaux libres sont possibles : lambeau PAP (face interne de cuisse), lambeau TUG (gracilis). Ces techniques sont discutées au cas par cas.
Le lipofilling mammaire
Le lipofilling consiste à prélever de la graisse par liposuccion (ventre, hanches, cuisses), à la purifier, puis à la réinjecter au niveau du sein en reconstruction. Chaque séance dure environ 1 heure sous anesthésie générale et se pratique en ambulatoire, avec des suites très simples.
Depuis 2017, le lipofilling dans le cadre de la reconstruction post-mastectomie est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie — y compris pour la symétrisation du côté controlatéral.
Cette technique peut être utilisée seule (en 4 à 5 séances pour les seins de petit volume) ou en complément d’une prothèse ou d’un lambeau, pour affiner et harmoniser le résultat.
4. Tableau comparatif des techniques
Résumé des grandes options à titre informatif — votre situation personnelle sera évaluée en consultation.
| Technique | Indication principale | Avantages | Inconvénients | Prise en charge AM |
| Prothèse seule | Peau de bonne qualité, pas de radiothérapie, sein de volume modéré | Opération courte (1-2h), pas de cicatrice supplémentaire, ambulatoire possible | Contre-indiquée si radiothérapie, aspect moins naturel avec le temps, surveillance imagerie | Oui – 100% |
| Grand dorsal + prothèse | Peau irradiée ou de mauvaise qualité, volume modéré à important | Très fiable, peau vascularisée apportée, bon résultat naturel | Cicatrice dans le dos, gêne fonctionnelle possible de l’épaule | Oui – 100% |
| DIEP (lambeau abdominal libre) | Volumineuse perte de substance, refus de prothèse, peau irradiée | Résultat très naturel, pas de prothèse, sein souple et chaud | Opération longue (4-7h), hospitalisation 5-7j, cicatrice abdominale | Oui – 100% |
| Lipofilling seul | Petites corrections, séquelles de traitement conservateur | Ambulatoire, cicatrices invisibles, affinement de zone donneuse | Plusieurs séances nécessaires (4-5), résultat progressif | Oui depuis 2017 – 100% |
| Lipofilling + prothèse ou lambeau | Symétrisation, correction de contour après temps principal | Complément naturel, précision du résultat final | Séances successives | Oui – 100% |
5. La reconstruction de l’aréole et du mamelon
La reconstruction du complexe aréolo-mamelonnaire constitue souvent la touche finale du parcours reconstructeur. Elle est proposée en dernier, une fois le volume et la symétrie obtenus, car elle requiert une cicatrice stabilisée et un sein définitif.
- Reconstruction de l’aréole : greffe de peau prélevée dans une zone de teinte proche (pli inguinal, face interne de cuisse), ou tatouage médical 3D
- Reconstruction du mamelon : lambeau local (technique de Little ou C-V flap) ou tatouage de trompe-l’œil
- Ces gestes sont pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie
6. Questions fréquentes
La reconstruction mammaire est-elle douloureuse ?
Les suites opératoires varient selon la technique. La pose de prothèse seule est peu douloureuse. Le lambeau de grand dorsal génère une gêne au niveau du dos pendant quelques semaines. Le DIEP implique des douleurs abdominales comparables à celles d’une césarienne. Dans tous les cas, la douleur est anticipée et traitée par une analgésie adaptée.
Puis-je être reconstruite si j’ai fumé ou si je suis en surpoids ?
Le tabac et le surpoids augmentent significativement le risque de complications cicatricielles et vasculaires. Un sevrage tabagique d’au moins 6 semaines avant l’intervention est fortement recommandé. Une perte de poids peut parfois être conseillée. Ces points sont évalués individuellement lors de la consultation.
Combien de temps dure le parcours complet de reconstruction ?
En moyenne, 12 à 24 mois pour un résultat complet (temps principal + symétrisation + reconstruction du mamelon), avec des intervalles de 3 à 6 mois entre chaque étape. Ce délai est variable selon votre projet et votre situation oncologique.
Peut-on changer de technique après une première reconstruction ?
Oui. Certaines patientes insatisfaites d’une reconstruction par prothèse — en raison d’une coque, d’une asymétrie ou d’un résultat trop peu naturel — peuvent bénéficier d’une conversion vers un lambeau ou d’un lipofilling correcteur. Ces révisions sont prises en charge par l’Assurance Maladie.
Le Dr Potier opère-t-il les patientes hors Maine-et-Loire ?
Oui. La Polyclinique du Parc de Cholet accueille régulièrement des patientes de Vendée (85), des Deux-Sèvres (79) et du sud de la Loire-Atlantique (44). Cholet représente un pôle chirurgical accessible pour un bassin d’environ 250 000 habitants.
Références médicales
Recommandations et référentiels :
- HAS – Reconstruction mammaire ou buste plat : vos souhaits et options, mars 2023 – has-sante.fr
- INCa – Cancer du sein : données épidémiologiques et parcours de soin, 2023 – e-cancer.fr
- SOFCPRE / CNCP – Recommandations pour la reconstruction mammaire post-mastectomie, 2020 – sofcpre.fr
- Loi n°92-1179 du 2 novembre 1992 relative à l’abus de l’autorité dans les relations de travail – obligation de prise en charge de la reconstruction mammaire par l’Assurance Maladie
- Décret n°2017-526 – Prise en charge du lipofilling dans le cadre de la reconstruction mammaire post-mastectomie
Publications scientifiques :
- Hamdi M, Weiler-Mithoff EM, Webster MH. « Deep inferior epigastric perforator flap in breast reconstruction », Br J Plast Surg, 1999
- Kronowitz SJ, Kuerer HM. « Advances and surgical decision-making for breast reconstruction », Cancer, 2006
- Clough KB et al. « Oncoplastic techniques allow extensive resections for breast-conserving therapy of breast carcinomas », Ann Surg, 2003
- Delay E. « Lipomodeling of the reconstructed breast », in Grotting JC (ed.) : Reoperative Aesthetic and Reconstructive Plastic Surgery, 2007
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Page rédigée par le Dr Potier – Mise à jour : juin 2025 – Polyclinique du Parc, Cholet (49)
