Introduction

Les reconstructions mammaires sont une des étapes de reconstruction de la femme après un cancer du sein mais elles ne sont en rien obligatoires.

En effet, les reconstructions mammaires sont nombreuses dans leurs techniques, longues dans leur durée et parfois décevantes dans leur résultat.

Quelque soit la technique choisie, une reconstruction mammaire représente en moyenne une dizaine d’heures opératoires réparties sur 18 à 24 mois.

 

Qui reconstruire ?

La question peut paraitre impertinente mais elle est directement la conséquence de la lourdeur du geste de reconstruction.

Une patiente qui a subit un cancer du sein, a déjà subit toute la phase de diagnostic, d’inquiétude et de protocole de soins, puis une première chirurgie du sein parfois suivie d’une seconde de rectification voire une troisième de curage.

Associés à la chirurgie, il y a parfois la chimiothérapie voire la radiothérapie et pour finir l’hormonothérapie.

Les patientes éligibles à la reconstruction arrivent donc fatiguées à la dernière étape et on comprend facilement qu’elles n’ont plus la force de continuer. Il faut une sérieuse dose de courage pour poursuivre.

Et puis, le cancer du sein reste un cancer grave. Près de 4 femmes sur 10 décéderont du cancer. Pour envisager la reconstruction, le pronostic du cancer doit être bon et certaines formes (grade III) ne peuvent accéder à la reconstruction.

Pour finir, les comorbidités de la patiente peuvent être trop lourdes pour subir à nouveau une dizaine d’heure de chirurgie réparties sur une à deux années.

Ainsi, toute patiente atteinte d’un cancer du sein confondues, il est raisonnable de ne proposer la reconstruction qu’au tiers d’entre elles.

 

Comment Reconstruire ?

Une reconstruction mammaire, c’est pour faire très simple : un volume, un sillon sous-mammaire, une aréole et un sein controlatéral.

La plus simple des reconstructions, celle qui s’adresse à toutes et à n’importe quel moment, celle qui a le meilleur rapport bénéfice/risque est sans aucun doute la Prothèse Externe.

La surveillance du site du cancer est non modifiée et on peut adapter le volume de la prothèse très facilement.

Revers de la simplicité, la reconstruction ne fait illusion qu’habillée.

Ensuite, dans 60% des cas, viennent les techniques de reconstruction par Prothèses Internes.

Elles présentent un rapport bénéfice/risque acceptable mais les patientes finissent par s’en plaindre à long terme. Le sein reconstruit est dur, parfois douloureux et souvent trop haut. Les retouches/changements sont fréquents pour ne pas dire incessants.

Maintenant, les propositions vont préférentiellement vers des Reconstructions Autologues, c’est à dire avec les propres tissus de la patiente.

Là, les techniques sont très nombreuses : lambeau de grand dorsal, lambeau de grand dentelé, lambeaux graisseux perforants, lambeau de TRAM, lambeau de DIEP, etc. Chacune a ses avantages et inconvénients.

Dernièrement, les techniques de transfert adipocytaire ont révolutionné la reconstruction mammaire. Pour peu que la patiente soit un peu grassouillette, par lipoaspirations successives, le chirurgien peut parvenir à reconstruire des volumes conséquents et dans la plupart des cas à remplacer un vieil implant douloureux.

Finalement, viendront les temps de la plaque souvent par tatouage et symétrisation du second sein.

Vous trouverez ICI plus de renseignements sur les interventions.

Quand reconstruire ?

La question de la Reconstruction Mammaire Immédiate RMI est fréquente, mais sa réalisation doit rester anecdotique, autours de 10%. Son seul intérêt à mon sens est la conservation possible de l’étui cutané. Dans tous les autres cas, la RMI présente plus d’inconvénients que d’avantages.

La RMI en tout cas ne doit pas servir à faire “passer la pilule” de la mastectomie. La RMI ne minimise en rien le traumatisme de la mastectomie totale.

Ainsi, 90% des reconstruction mammaires sont différées RMD.  Le délai entre la fin du traitement du cancer et la reconstruction dépend essentiellement du type de cancer en traitement.

Pour les formes les moins agressives, le traitement peut débuter 6 mois après la fin du dernier traitement mais pour les formes les plus graves, le délai peut monter à 5 ans.

Dans tous les cas, la prise de décision de débuter la reconstruction est collégiale avec l’avis appuyé de l’oncologue pour s’assurer qu’il n’y a pas de récidive.

 

Combien ça coûte ?

Il n’y a pas encore si longtemps, seules quelques techniques étaient reconnues par l’Assurance Maladie.

C’est assez incroyable à lire, mais les techniques de reconstruction autologue par transfert de graisse n’ont été prises en compte par l’Assurance Maladie qu’à partir de 2017.

Dès que la reconstruction est basée sur une prothèse, il faut obligatoirement demandé un Accord Préalable à l’Assurance Maladie, faute de quoi, l’intervention ne sera pas prise en charge.

Vous trouverez ICI plus de renseignements sur les interventions.

 

Conclusion

Les reconstructions mammaires sont des grands moments de chirurgie. Souvent, il faut savoir ne pas y avoir recours car le rapport bénéfice/risque n’est pas favorable.

Mais lorsque la patiente a la motivation et l’énergie, les meilleurs résultats et satisfactions sont obtenus par les techniques autologues.

 

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