Philosophie générale :

En vieillissant, naturellement les volumes fondent. Des sillons et de creux se marquent à certains endroits. L’acide hyaluronique ou l’hydroxiapathite sont des produits naturels, au sens où ils existent déjà naturellement dans le corps humain, comme composantes de la matrice extracellulaire.

Lorsque le chirurgien a diagnostiqué perte de volume, creux ou sillons ; le traitement consiste à apporter dans ces endroits spécifiques la matière manquante. Immédiatement après l’injection, vous constatez la correction de l’anomalie. Cependant, ce n’est pas le but réel recherché par le chirurgien. Le produit de comblement sert en réalité de matière première à votre corps pour relancer la synthèse de nouvelles fibres et matrice extracellulaires détruites lors du processus de vieillissement. Le remplissage immédiat n’est que l’indicateur de la justesse de l’endroit traité.

Ainsi, c’est normal que le produit de comblement disparaisse puisqu’il est utilisé par votre organisme pour se reconstruire. C’est aussi normal de répéter les injections, d’abord fréquemment au début pour reconstruire puis plus épisodiquement lors de la phase d’entretien.

La quantité initiale de comblement dépend de votre état de vieillissement et de votre manque de matière. Au début, plusieurs séances espacées de 1 mois peuvent être nécessaires pour apporter la matière sans surcharge. Une fois arrivé à saturation, il convient de respecter la durée préconisée par le chirurgien entre 2 RDV, sous peine de résultat excessif voire bouffi. Le délai entre 2 RDV est variable selon le type d’acide ; de 3 mois pour les plus légers (superficiels) à 18 mois pour les plus volumateurs (profonds).

Les injections d’acide hyaluronique n’empêchent pas le vieillissement. Elles compensent ses effets. Stopper les injections n’accélère pas le vieillissement normal mais ne le compense plus. Avec un traitement bien conduit sur le long terme, votre visage a une volumétrie et une texture juvéniles mais sans excès.

 


 

Un plan de traitement par injectables est technique et ne se résume pas à une piqure. Le diagnostic initial est indispensable tout comme la connaissance des suites post-injections dont on peut résumer les principales étapes comme suit :

Le phénomène de marée :

Dans les 24-48h suivant l’injection, le site opératoire se met à gonfler, à rougir et devenir sensible. Ce phénomène est lié à la fois à la réaction inflammatoire des contusions manipulatoires et au pouvoir hydrophile de la molécule injectée. La susceptibilité individuelle est très variable ; certains n’auront que très peu de marque alors que d’autres vont presque doubler de volume. Ainsi, il faut limiter les obligations sociales non indispensables et savoir patienter sans prendre peur de l’excès de volume. Le froid et l’arnica peuvent aider à passer le cap aigu.

Le phénomène de saturation :

La quantité admissible par séance et par zone traitée est limitée. Au-delà d’un certain ratio injectable/tissu receveur, variable selon les individus, l’organisme n’est plus capable d’intégrer la molécule. Il y a surdosage entrainant la saturation des tissus. Apparaissent les œdèmes non réversibles, les livedos, les souffrances cutanées, les effets thindal et bouffi. Le volume maximal moyen par séance recommandé avoisine les 3-4 seringues afin de limiter le risque de saturation.

C’est pourquoi, sur les gros plans de traitement, les injections doivent être espacées et répétées. Il est préférable de corriger partiellement une anomalie puis de la compléter quelques mois après plutôt que de saturer la zone avec les risques associés. C’est une erreur de poursuivre les injections alors que le site receveur est saturé, responsable des mauvais exemples vus et revus dans les médias.

La hyaluronidase est l’enzyme qui dégrade la molécule d’acide hyaluronique. Elle est utile pour désengorger les tissus saturés avec les premiers signes de complications. Cependant, l’enzyme n’a pas d’autorisation de mise sur le marché français et son utilisation est un dernier recours en l’absence d’autres alternatives pour le traitement d’une souffrance cutanée. Ce n’est pas une gomme pour la gestion des petites imperfections.

La phase d’intégration :

La molécule injectée permet une correction initiale de l’anomalie avec un effet de masse qui dure quelques semaines (pas toujours agréable et esthétique). Cependant, ce n’est pas le but recherché mais seulement le marqueur du traitement. En réalité, la molécule sert de matériaux de construction pour les tissus mous de la face. Ainsi, les fibroblastes vont utiliser le produit pour re-synthétiser les fibres de collagène et toutes les composantes de la matrice extracellulaire. L’intégration tissulaire, c’est la dégradation de La molécule injectée et la transformation de l’effet de masse en véritable tissu, et donc du résultat visuel. La vitesse de dégradation/intégration est variable selon les cas (les fumeurs, les buveurs, les sportifs, les solaires ont, par exemple, une vitesse de dégradation plus rapide) et les molécules. Plus le produit est volumateur, plus longue est sa période de dégradation/intégration.

La phase d’entretien :

A cause du phénomène de saturation, la période de restauration des volumes dépend de l’état initial du cas ; rapide de quelques mois chez le patient jeune (30 ans) à longue de plusieurs années chez le patient mature (50 ans). Il faut savoir être patient pour les cas les plus matures et renouvellement régulièrement les séances consommatrices de grandes quantités d’injectables. Ce n’est qu’à la fin de la période de restauration que la phase d’entretien peut débuter. Elle consiste à apporter juste la quantité d’injectables égale à la dégradation naturelle liée au vieillissement. La consommation de produits d’entretien est variable selon la vitesse de vieillissement naturel de chacun.

Les limites des injectables :

Les injectables ne sont pas une alternative à la chirurgie, elles sont un complément soit préparatoires soit d’entretien. Une partie de la mauvaise publicité des injectables tient justement en ces excès de traitement où on a voulu à l’excès compenser un excédant cutané par un remplissage disgracieux et grotesque.

 


 

Il faut être clair : en cas de relâchement des tissus avec ptôse, la chirurgie est la seule option intéressante pour un résultat naturel. Mais un lifting n’est pas un moyen d’éviter les injectables. Les deux plans de traitement ont des objectifs différents. Ainsi, le Chirurgien Plasticien est le mieux placé pour vous conseiller car il connait les 2 versants, médical et chirurgical, de l’esthétique et saurait vous aiguiller vers l’un ou l’autre sans forcer déraisonnablement dans un traitement inapproprié. Plus que jamais, le traitement par injectables est un acte technique et complexe à confier à un professionnel aguerri.

 

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